Jeudi 8 mai 2008 ; 11h40
♫ Rem : supernatural supersériousChuuuut ... ça commence !!
Ma vie commence ici ...Tes Doigts cherchent frénétiquement le petit carnet trouvé cet après-midi, mais où est-elle bon sang ? Tu bougonnes tu ne perdras donc jamais cette habitude parler toute seule ?Le voici, enfin sous le matériel de couture tu te précipite trop et fait tout tomber, les aiguilles s'éparpillent, tant pis. D'un coup, comme ça, tu as absolument voulu savoir, tu en a marre de cette souffrance inutile qui s'est posé sur ton c½ur en cette après-midi pluvieux de Novembre. Alors tu met tes lunettes, et t'assois tranquillement à la table de la cuisine , le chat s'installe sur tes genoux, comme d'habitude. La solitude te pèserai-t-elle ? Pourtant, tu as l'habitude de la solitude, petit vieillarde à la peau pourtant peu ridée mais au cheveux blanc comme neige. Les souvenirs te reviennent donc enfin ? Tu ne les rejettes plus ? Bien sur que si, alors pour simplement les éliminer tu écris, encore et encore, pour disons, les exorciser comme si on te sortait le diable du corps. Tu te signe à la simple mention du diable, te fait-il si peur que cela ? Mais revenons plutôt à ce petit carnet que tu as devant toi, tu hésite à l'ouvrir tu cherches, tu t'agaces seule dans ta petite cuisine. Non cette fois ce n'est pas un nouveau livre de compte que tu veut relire et qui viendra se mettre la pile qui est soigneusement rangé dans le placard sous l'escalier. Le chat à faim. Il attendra. Tout d'un coup des images te reviennent comme ça, comme ou coup de poing, elle te font vaciller de ta chaise et tes yeux papillonnent comme pour les supprimer de ta tête. La première fois que tu as embrassé ton Jean vos rendez-vous secret sous les arbres, près de la porte du cimetière, qu'il était beau. Souvenirs d'une époque révolue. Tu grince des dents, non tu ne pleureras plus. Elles t'échappent quand même quand tu repenses à son rire saccadé, ah, qu'il aimait rire avec ses bonnes blagues qu'on se racontait autours d'une table d'amis les chaudes soirée d'été tu le regardait, moitié bougonnant, moitié riant avec lui. Et les bals, les valses où ils te faisait tourner, et encore tourner jusqu'à ce que tu perde la tête et que ton rire s'envole aussi les haut que les hirondelle, ah oui quelle belle époque. Tu mettais ta plus belle robe pour aller au bal, celle avec les fleurs, le son des accordéons te reviennent aux oreilles et tu n'essais pas de les bloquer, tu fermes les yeux et fredonnent avec eux . Et puis, enfin vint l'enfant tant désiré, un garçon hurla-t-on dans tous le village. Tu t'autorises une bref sourire. Tu l'as tellement chéri et dorloter ton petit garçon, vous étiez une vraie famille, tous les trois et rien ne pourrait rompre ta petite bulle de bonheur. L'odeur du chocolat chaud et des tartines de vraie confiture de framboise te revient enfin, sa petite bouille pleine de chocolat qui rigole avec ses quelques dents manquantes. Que dis-tu ? « Que le temps passe vite » c'est bien cela ? Oui, il passe vite tu es déjà grand-mère alors qu'il te semble être née hier, tant de choses t'échappent. Pourquoi donc cette vie si belle s'est tout d'un coup déréglé ? On te rejette, plus personne ne fait attention à toi à présent, ton Jean est mort, belle et bien mort, et toi tu es encore là, seule dans cette cuisine qui a connu auparavant tant de joie. Ton fils ne te parle plus, qu'as-tu donc fait pour mériter ça ? Tu l'as aidé et soutenu, tu as toujours été là, peut-être un peu trop là, qui sait ? Et tes deux petites filles que sont-elles devenues ? Presque des femmes à présent, enfin presque... La grande, qu'est-ce qu'elle est gentille dit-on partout, pas plus serviable qu'elle, le c½ur sur la main. C'est vrai qu'elle est bien, elle sera une femme admirable elle l'est déjà presque du haut de ses 20 ans. Et la petite alors dans tout ça ? Ho, on essai d'éviter souvent le sujet, elle est bizarre. Ses yeux semblent t'en vouloir, mais c'est vrai qu'on l'a pas vraiment préservé ces deux dernières années, cette cicatrice se refermera-t-elle jamais ? Tu secoue la tête d'un fataliste, il faut bien lui apprendre la vie, toi de ton temps à son âge tu étais déjà bergère... comme si tu étais un exemple et comme si le passé rattraperait le présent, tu ne comprend donc pas que ton temps est révolu ??? Enfin revenons à la petite. Elle paraît presque toujours triste ou bougon selon les jours, elle n'hésite plus à t'envoyer balader maintenant, elle te blesse, elle le sait, elle s'en fout. Elle se fout de tous à présent, le mépris est sa seule réponse à d'éventuelles questions, oui, tu sais bien que tu as perdu son amour mais tu ne fais rien pour le reprendre, de toute façon dans cette famille personne ne fait rien, tout le monde se tait, ou tout le monde s'en fout... Depuis que ton jean est partie plus rien ne va, mais qu'attend donc la Mort pour venir de prendre et t'emmener vers ton homme ? Mystère, la Mort de répond jamais à tes questions. Elle ne prend même pas le temps de te mépriser comme le fait ta petite fille. Peut-être le carnet qui se trouve devant toi donnera-t-il quelques réponse à tes questions, sur le dessus, tu peux voir d'une écriture de collégienne, les 2 petits mots :
Journal intime . Peut-être un petit sentiment de culpabilité te prend à la gorge, tu le refoule, tout ce que tu veux, c'est comprendre. Tu l'ouvre délicatement et lis la première phrase : «
chère journal, je m'appelle Mathilde, j'ai 15 ans, j'aime lire, écrire, dessiner, le chocolat et ma vie commence ici ... »